Le Musée Gustave Moreau, par les 1res latinistes

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Le jeudi 26 mars 2026, les élèves latiniste de première ont eu la chance de visiter le musée Gustave Moreau, situé dans le 9ème arrondissement de Paris. Voici les comptes rendus de leur visite :

Les lieux, le projet de la maison musée, par Gaston Huguet

Adresse: 14 rue Catherine de la Rochefoucauld, Paris 9ème arrondissement.

En avril 1895, Moreau demande à l’architecte Albert Lafon de transformer la maison familiale en musée.

Les appartements du premier étage sont aménagés comme un petit musée sentimental où sont accrochés les portraits de famille et les œuvres offertes par ses amis Théodore Chassériau, Eugène Fromentin ou Edgar Degas.

Les deuxième et troisième étages deviennent de grands ateliers vitrés au nord, conçus pour offrir le plus d’espace possible, et sont reliés entre eux par un imposant escalier en colimaçon. Les poutres en acier soutenant le plafond du musée rappellent le contexte de révolution industrielle de l’époque.

Dès 1862, Gustave Moreau, alors inconnu, songe à la création d’un lieu dédié pour exposer ses œuvres : « Ce soir 24 décembre 1862. Je pense à ma mort et au sort de mes pauvres petits travaux et de toutes ces compositions que je prends la peine de réunir. Séparées, elles périssent ; prises ensemble, elles donnent un peu l’idée de ce que j’étais comme artiste et du milieu dans lequel je me plaisais à rêver ? »

 Il meurt le 18 avril 1898. Henri Rupp, un ami à qui il a confié son projet, s’emploie alors, après l’achèvement de l’interminable inventaire après décès, à accrocher les œuvres selon le désir de l’artiste.

Présentation du peintre Gustave Moreau, Raphaël Jamy, Ilyann Mohellibi et Matthias Prein

Gustave Moreau est un peintre français du XIXe siècle, né en 1826 et mort en 1898, considéré comme l’une des figures majeures du mouvement symboliste. Son œuvre se distingue par un style riche, détaillé et souvent inspiré de la mythologie, de la religion et de l’Antiquité, avec des sujets comme Œdipe, Salomé ou Jupiter. Contrairement aux artistes réalistes de son époque, Moreau cherche à exprimer des idées, des rêves et des visions intérieures plutôt que de représenter fidèlement le monde réel. Professeur influent à l’École des Beaux-Arts de Paris, il a marqué toute une génération d’artistes. Aujourd’hui, son travail est visible au Musée Gustave Moreau, installé dans son ancienne maison-atelier à Paris, que nous sommes allés visiter.

Gustave Moreau et le symbolisme, Lucien Correia-Segaud, Lawrence Martial et Zakary Bab-Hamed

Même s’il ne s’en est jamais revendiqué, car il y préférait le terme de peintre d’histoire, Gustave Moreau est l’un des piliers du symbolisme. En effet, il respecte à travers son œuvre nombre des piliers de ce mouvement artistique du XIXe siècle. On retrouve notamment :

  • La représentation de thèmes bibliques ou mythologiques, comme dans Prométhée, dans lequel le titan éponyme contemple les montagnes en se faisant dévorer le foie par un vautour, sentence à laquelle il a été condamné par Zeus-Jupiter après avoir donné le feu aux hommes ou L’Apparition, qui s’inspire de Salomé devant la tête flottante de Jean-Baptiste, évènement raconté dans la Bible ;
  • L’ambiance onirique de ses tableaux, qu’on peut par exemple retrouver dans Les Prétendants, ou Jupiter et Sémélé, dans lesquels les personnages s’amoncellent de manière incohérente, comme un homme qui se donne en spectacle dans la scène de massacre des Prétendants ; la scène se déroule dans un environnement flou, les contours de ses tableaux étant effectivement moins détaillés que leur centre ;
  • L’utilisation d’images ou de motifs symboliques pour faire référence à des concepts recherchés voire abstraits. Gustave Moreau aime en effet ajouter de nombreux détails dans ses œuvres, parfois des années après les avoir commencées, afin d’yajouter des références pour ses admirateurs les plus érudits. On peut citer par exemple Les Prétendants ou Les Filles de Therpius qu’il n’a même pas pu achever tant la quantité de détails était importante.

Enfin il aborde d’autres thèmes symbolistes comme la puissance de la femme( dansL’Apparition) ou la mélancolie (Œdipe et le Sphinx, ou Jeune fille Thrace portant la tête d’Orphée).

Découverte d’un tableau à sujet mythologique : Jupiter et Europe, Jules Chevalier
Tableau Jupiter et Europe

Moreau était féru de représentations mythologiques, comme l’illustre le tableau Jupiter et Europe, réalisé en 1868. Ce tableau représente le mythe de l’enlèvement d’Europe par Jupiter. Le roi des dieux sous la forme d’un taureau blanc séduisit la princesse phénicienne, fille d’Agénor, et l’enleva, pour l’emmener sur l’île de Crète à Gortyne.  Par la suite les deux personnages eurent trois enfants ; Sarpédon, Rhadamanthe, et le célèbre Minos, roi de Crète, connu pour son rôle dans le mythe d’Icare.

Nous avons pu remarquer que la composition du tableau est construite en diagonale, ce qui donne une impression de mouvement. De plus, les personnages sont proches, ce qui renforce l’interaction entre eux. A l’arrière-plan, le paysage apporte de la profondeur et participe à l’ambiance du tableau. Jupiter est représenté avec un corps de taureau blanc, mais avec sa tête de dieu, ressemblant à Jésus. En effet, les œuvres de Moreau connaissaient des influences bibliques, comme le rappelle aussi l’auréole autour de la tête de Jupiter sur cette œuvre.  Pour ce qui est d’Europe, cette dernière est représentée nue (ce qui est une convention en art à l’  démontrant sa vulnérabilité face à la séduction du dieu.

Les couleurs sont chaudes et lumineuses, avec des tons doux. Cela contribue à créer une atmosphère calme et harmonieuse. Un contraste est bel et bien présent entre les personnages et la végétation qui les entoure, ce qui attire le regard vers la scène principale.

Il se dégage de cette œuvre une impression de sensualité et de douceur, mêlée à une certaine part de mystère typique du style symboliste.

Cette œuvre est l’une des plus abouties de Gustave Moreau, puisqu’elle fut présentée lors du salon officiel des Beaux-arts mais il ne remporta pas de prix. En effet l’artiste réalisait plusieurs œuvres à la fois qu’il n’aboutissait pas forcément.

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